On m'a dit de ne pas le dire !
Interview par Paul Wermus pour le France Soir du 05/11/08
Le 16ème dont vous êtes maire a une curieuse image ?
J'essaie de faire comprendre aux Parisiens et à Bertrand Delanoë que le 16ème n'est pas un arrondissement de vieux conservateurs égoïstes.
Qu'est-ce qui ne va pas dans le 16ème ?
J'ai d'insupportables problèmes, des crèches à gérer : 500 places pour 3500 demandes. J'ai demandé à Bertrand Delanoë un plan d'urgence. D'autre part, cet arrondissement est sale ! J'en ai assez de me faire engueuler par sa faute et m'entendre dire que nous n'avons qu'un seul cinéma et un seul théâtre dans cet arrondissement.
Si vous étiez de gauche, pour qui voteriez-vous ?
Je voterais Benoît Hamon, car il a du talent, de la fougue et il est breton comme moi.
Cela vous manque de ne plus être ministre ?
Cela me manque de moins en moins, car le gouvernement est pris en sandwich entre un président omniprésent et un parlement qui à juste titre rêve d'être le deuxième pouvoir.
Que reprochez-vous à la majorité ?
La droite ne croit pas assez en elle, elle est complexée à l'égard de la gauche qui a récupéré l'idée qu'elle est vertueuse, intelligente, cultivée. La gauche ce n'est rien de tout ça.
Si vous étiez aux commandes, que feriez-vous ?
J'organiserais la réforme de l'Etat. ce pays crève d'un Etat trop puissant, je dégraisserais vraiment. D'autre part, j'estime qu'on paye encore beaucoup trop d'impôts et l'imagination fiscale de Bercy est inépuisable. Le ministre des finances nous fait ce tour de force de nous inventer dix taxes nouvelles en une année, comme celle sur le poisson...
Vous êtes aussi président du groupe d'amitié France/Israël ?
Je me bats pour la libéralisation de l'otage Shalit, dont j'ai affiché le portrait sur ma mairie. Je suis d'ailleurs le seul à paris, je veux expliquer aux Français ce qu'est vraiment Israël. ce n'est pas le pays des rabbins et des soldats, mais un pays d'avant-garde d'une extrême diversité.
On vous dit très à droite ?
Je ne suis ni réactionnaire, ni conservateur, mais libéral. Je considère que le conservatisme a changé de bord. Il est désormais à gauche, avec des parfums réactionnaires; surtout quand j'entends certains écolos plus répressifs que les libéraux.
Vous qui avez du caractère, avec qui vous êtes-vous fâché ?
Il n'y a que Pierre Lellouche avec qui je suis en froid. En revanche je très ami même avec mes adversaires que je combats vigoureusement et que je respecte. C'est l'esprit troisième mi-temps.
Pourquoi tant de haine à l'égard du maire de Paris ?
Mon souci majeur, c'est un rapport de forces avec lui, c'est un homme très sectaire. S'il est élu 1er secrétaire du PS, je demanderai sa démission de maire. Il a été élu sur un programme consensuel et non politique, il aura manqué à sa parole. Et s'il est battu, je lui dirai que les socialistes ne veulent plus de lui.
Quels sont vos défauts ?
Je suis susceptible. Je peux être violent et rancunier mais j'ai une qualité : la simplicité.
