Sarkozy pas patron en titre de l'UMP, une "hypocrisie

Paris, 31 oct 2008 (AFP) - Le député UMP de Paris a qualifié vendredi d'"hypocrisie", comme l'avait fait avant lui le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, le fait que Nicolas Sarkozy ne soit pas patron en titre du parti majoritaire.

"Patrick Devedjian est un ami, que j'aime beaucoup, et qui n'est vraiment pas à la fête. Il a autour de lui des gens qui ne le ménagent pas", a déclaré sur Canal + M. Goasguen, en référence aux critiques sur la gestion du parti.

"Au fond, ce qu'il a dit est vrai", a estimé le député-maire du XVIème arrondissement. "En réalité, c'est le parti de Nicolas Sarkozy. Evidemment, la Vème République ne permet pas que le parti majoritaire soit dirigé par le président de la République, mais c'est une hypocrisie qui sans doute fait beaucoup de mal à l'UMP".

M. Goasguen, qui a qualifié l'UMP à plusieurs reprises de "parti de godillots", a estimé que "c'est le groupe parlementaire qui se substitue en réalité, dans le travail de critiques et de co-production, à un parti qui reste un parti qui soutient le futur président de la République".

"L'UMP est devenu, un peu dans la manière RPR, un parti qui gagne les élections nationales, mais qui perd les élections locales", a-t-il souligné, estimant qu'il "faudrait que l'UMP s'occupe un peu de ses départements et s'occupe de ses structures locales".

Réforme des institutions

Dépêche AFP du 16/07/08

Le député UMP Claude Goasguen a estimé mercredi que les "députés de droite favorables à un maintien intégriste de la Vème République se trompent complètement".
L'élu commentait dans les couloirs de l'Assemblée les dissensions au sein du parti majoritaire sur la réforme des institutions.
"La Vème République a été bouleversée par le quinquennat qui a déformé l'équilibre institutionnel déjà très puissant en faveur de l'exécutif", a déclaré le député de Paris favorable à la réforme.
"Aujourd'hui ce n'est pas tenable, l'exécutif a tout et les autres pouvoirs n'ont rien. Ce n'est plus la Vème République et la seule manière de sauver la Vème c'est de la modifier", a ajouté M. Goasguen.
Il y a "danger" sur le vote du texte qui devrait passer, selon lui, "d'extrême justesse". M. Goasguen a dit que pour trouver la "majorité qualifiée extrêmement importante" (3/5ème), il fallait "faire la retape de tous les parlementaires qui ont des doutes".
"Je comprends les réserves sur un certain nombre de points, je les ai moi-même, mais il faut se dire que l'essentiel c'est de modifier dans le sens d'un rééquilibrage des institutions en faveur du parlement", a conclu Claude Goasguen.
La réforme des institutions doit être soumise au vote du Congrès (Assemblée et Sénat) lundi prochain à Versailles.

Le référendum d'initiative populaire, fausse bonne idée

Claude Goasguen est intervenu à de nombreuses reprises lors des débats sur le projet de loi constitutionnelle relatif à la modernisation des institutions.

Il s'est notamment opposé, en séance,  à la création d'un référendum d'initiative populaire qui pourra être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales :

« C’est une véritable usine à gaz que vous allez créer. Le rapporteur tente de nous persuader que le référendum d’initiative populaire serait soudain devenu la pierre philosophale de la démocratie participative. Or en fait de dispositif moderne, c’est une idée vieille de plus de deux siècles. Rousseau décrivait comment elle était appliquée en son temps dans les cantons suisses, où elle existe aujourd’hui encore – mais un canton suisse ne compte que quelques dizaines ou centaines de milliers d’habitants tout au plus. La République française est à une autre échelle !


 

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Privatisation de l'AFP

Dépêche AFP 21/05/08 - Le député UMP de Paris, Claude Goasguen, a indiqué souhaiter "ardemment" une privatisation de l'Agence France-Presse, qu'il a qualifiée d' "agence d'Etat", mercredi dans le cadre d'un débat sur i-TELE.

"L'AFP est la seule agence internationale qui a un statut public. Je regrette que ce pays, qui est un pays libre, ait une agence d'Etat. Moi je souhaite que l'AFP soit privatisée", a déclaré M. Goasguen, lors d'un débat sur les critiques formulées depuis plusieurs semaines par des responsables de l'DMP à l'égard de l'agence.

L'AFP "ce n'est pas la presse, c'est une agence d'Etat", a-t-il martelé.

La France est "le seul pays qui dispose d'une seule agence", a encore affirmé le député, se disant "pour la concurrence des agences".

Interrogé pour savoir par qui une Agence France-Presse serait privatisée serait financée, il a répondu: "c'est le problème de l'AFP".

"Il faut arrêter de considérer comme inéluctable, ce qui n'a été en réalité qu'une construction historique à un moment donné", a-t-il déclaré, évoquant le statut de l'AFP.

L'Agence France-Presse, qui est la deuxième agence mondiale avec plus de 10. 000 médias abonnés, dispose d'un statut unique en son genre, voté par le Parlement en 1957, et qui garantit son indépendance. Elle n'est ni un organisme public, ni une société privée. Elle est notamment en concurrence, dans le monde comme en France, avec les agences Reuters et Associated Press.

Début mai, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, avait accusé l'AFP de "censure", lui reprochant de n'avoir pas traité certains des communiqués de son parti relatifs à une condamnation en justice de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, a de son côté évoqué des "dysfonctionnements" de la part de l'Agence.

Il faut discuter avec Sarkozy, pas se soumettre

Interview par François Vignal pour Libération.fr, 20/05/08

Les petits déjeuners de la majorité ne sont plus à Matignon, mais à l’Elysée. Est-ce que la suite logique de la dégradation des rapports Sarkozy-Fillon ?
Je crois que Sarkozy reprend un peu ce que faisait François Mitterrand qui recevait chaque semaine le premier secrétaire du PS, à l'époque Lionel Jospin. Ça ne me choque pas. Le fait que les législatives suivent maintenant la présidentielle fait de lui le chef de la majorité parlementaire. Mais ça ne doit pas être un asservissement. Il faut discuter, pas se soumettre. Dans cette période de réformes, il faut arrêter la phase qu’on a connue où des conseillers un peu isolés se retrouvent face au gouvernement et au parti.

Les «connards», comme vous les avez appelés…
(Rire...) Oui, les «connards», mais avec des guillemets ! Il faut éviter que les cabinets mettent du piment dans la mécanique gouvernementale. Les entourages, c’est terrible dans la Ve République. Ça diffuse de fausses nouvelles, crée des embrouilles là où il n’y en a pas. L’entourage du Président devrait moins parler.


C’est déjà le cas…
Oui, mais il faudrait qu’il ne parle plus du tout !


François Fillon peut-il encore se dire chef de la majorité ?
Traditionnellement, c’est le Premier ministre qui joue ce rôle. C’était le cas quand nous étions dans le septennat. Avec le quinquennat, le rôle du Président de la République est en revanche renforcé.


La multiplication des couacs entre la majorité et le gouvernement ne vient-il pas en partie de là, de l’écrasement de Fillon par Sarkozy ?
Oui un peu. C’est la raison pour laquelle il faut redorer le pouvoir du Parlement. Les ministres le regardent de très loin, se disant que leur légitimité dépend essentiellement du Président. Le gouvernement a tout à gagner à une revalorisation du Parlement. Mais pour François Fillon, ça doit être difficile, comme ça l’a été pour Raffarin même s'il ne se passait rien ou pas grand chose…
Sarkozy seul face à l’opinion peut multiplier les succès comme les échecs. Ça peu tourner très mal. Cette hyper activité du Président est son style. François Fillon doit s’en accommoder mais il ne démérite pas. Il est très populaire dans le groupe parlementaire, il faut lui donner un rôle plus actif.


Jean-François Copé a envoyé une lettre aux députés. Il leur demande d’être des partenaires «loyaux» et «fidèles». Craint-il de nouveaux couacs ?
Non. Sur le projet de loi de modernisation de l'économie, ça ira très bien. Il reste juste un point sur la taille des supermarchés. Sur les institutions en revanche, ce sera très compliqué, car le PS votera sûrement contre et je vois mal les socialistes accepter l’abstention, encore moins un vote pour. Donc cela impose pour la majorité de rassembler complètement ses troupes. D’où la lettre de Copé. La question a été évoquée ce matin lors de la réunion de la majorité, qui s’est bien passée. Les réticences des uns et des autres sont plus personnelles que  doctrinales. On pourra, avec le Nouveau centre, arriver à une majorité suffisante. Mais le Congrès est très risqué, c’est vrai. Nous serons au début de la présidence française de l’Union européenne et un échec serait beaucoup plus grave que la bavure sur les OGM.


Hervé de Charrette estime que l'UMP connaît une crise d'identité et dénonce la «présidence brejnévienne de Devedjian». Partagez-vous son analyse ?
Non, car Patrick Devedjian est ami personnel. Je ne retiens pas le terme de «brejnévien» mais le reste de l’analyse. Il y a une vraie crise d’identité à l’UMP. C’est-à-dire que l’ouverture à été faite à l’extérieur de l’UMP et il serait temps de la faire à l’intérieur. L’UMP a encore peur de la diversité. Un parti de la majorité doit accepter les courants, la discussion, sans risquer l’opprobre de la division. Je souhaite aussi qu’il y ait des courants à l’UMP mais je ne crois pas que ce soit Patrick Devedjian le responsable de ce gel provisoire.


C’est Nicolas Sarkozy ?
Non, c’est plus l’héritage du RPR. Ll’UMP ne doit pas être simplement un parti avec ayant comme objectif les échéances électorales mais une formation vivante. Actuellement, Patrick Devedjian n’est pas décisionnaire. C’est le Président qui prend les choses en main. Je ne souhaite pas être à la place Patrick Devedjian. Nicolas Sarkozy fait là encore preuve de volontarisme. Il s’occupe de tout, et aussi de l’UMP.



En finir avec la frilosité sur le Grand Paris

Entretien pour le Figaro par G. Perrault, le 19/05/08

Près de deux mois après sa défaite, où en est la droite parisienne ?
Notre grande erreur pendant la campagne municipale a été de faire la danse du ventre aux bobos. Du coup, les Parisiens n'ont plus perçu une différence très nette entre Bertrand Delanoë et nous. Il aurait mieux valu s'adresser aux couches populaires. La victoire spectaculaire de la droite populaire à Pome et à Londres nous montre le chemin. Il n'y a pas de fatalité à ce que les capitales européennes soient dirigées par la gauche caviar.

Mais les couches populaires ont souvent dû quitter la capitale pour la banlieue...
Justement, on peut enrayer cette évolution en construisant le Grand Paris, comme Nicolas Sarkozy l'a préconisé en juin. Je veux défendre ce grand dessein au niveau parisien. Aussi je lance aujourd'hui un courant pour le Grand Paris au sein du groupe UMP de la capitale. Jusqu'alors l'UMP avait l'habitude de s'organiser en fonction des sensibilités de chacun, gaullistes, libéraux, centristes. Je préconise de nous regrouper désormais autour de thèmes fédérateurs. C'est le moyen d'en finir avec le manque de débat interne, qui est un des maux de la droite.

Roger Karoutchi, chef de file UMP au conseil régional IDF s'est emparé de ce thème. Que proposez-vous de nouveau ?
Elu des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi a une vision très restrictive du Grand Paris. Il propose un simple syndicat mixte pour mettre en oeuvre des projets communs à plusieurs collectivités locales en matière de transports ou de logement. C'est très insuffisant. En réalité, Roger n'a pas envie d'avoir des difficultés avec les barons de l'UMP dans les départements de la petite et de la grande couronne, parce qu'il ambitionne  de conduire la droite aux régionales de 2010. Il faut en finir avec cette frilosité des élus locaux attachés à leur fief, et donner la parole aux Franciliens  aux régionales. Nicolas Sarkozy ne devrait pas voir mon projet d'un mauvais oeil, même si j'en conviens cela ne se fera pas sans soubresauts.

Etes-vous partisans d'une communauté urbaine à Paris ?
Ce serait l'idéal, car Paris est la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine avec les communes limitrophes. Mais il me paraît plus réaliste de créer une communauté d'agglomération, qui exerce de droit certaines compétences (développement économique, politique de la ville) et de laisser aux communes le choix de mettre ou non en commun d'autres  dossiers comme l'assainissement des eaux ou les équipements culturels et sportifs. Créer une communauté d'agglomération c'est un projet exigeant mais on peut y parvenir.


La présidence de la fédération UMP de Paris

Interview par RCJ le 11/05/08

Il y a une bataille autour de la présidence de l'UMP à Paris. Rachida Dati y va, comme Christine Lagarde. On murmure aussi que vous en êtes...

Je n'en sais rien... vous savez, ils sont marrants mes collègues. On a pris une dérouillée extraordinaire à Paris et puis tout à coup, ils pensent aux présidences ou aux futures municipales. Et bien je crois pour reprendre la phrase de Mitterrand : il faut donner du temps au temps, et surtout ne pas s'emballer sur des investitures préliminaires qui ne tiendraient pas compte de deux ou trois phénomènes parisiens dont on n'a pas  compris la vraie dimension. Un, Paris a changé sociologiquement, et par conséquent c'est à l'Est qu'il faut porter la bataille et vraiment porter la bataille. Moi j'ai toujours été favorable, vous le savez, à une campagne à l'Est de Paris sur une droite qui s'affirme, qui est une droite plus populaire. Je n'ai jamais cru à la tentation bobo de la droite, je n'y crois toujours pas, et d'ailleurs les résultats de Londres et de Rome tendraient à me dire que ce phénomène bobo dont on croyait qu'il était irréversible dans les grandes villes, a été mis en échec dans deux grandes capitales européennes et que par conséquent il y a des problèmes sociaux à Paris, extrêmement graves, dont Bertrand Delanoë ne s'occupe pas. Il faut que la droite prenne la dimension des problèmes sociaux parisiens, de la paupérisation de l'Est parisien notamment. C'est ça qui commande en réalité l'élection du Président de la fédération UMP.
Et deux : très franchement, le Grand Paris qui est une idée exceptionnelle que nous développons depuis plusieurs années et que Nicolas Sarkozy vient de populariser, change complètement la donne. Moi, je ne veux pas qu'on construise des tours de logements dans l'enceinte parisienne, c'est absurde ! Je détruis les tours de logement à La Courneuve et parce que Delanoë ne veut pas s'engager dans une politique d'urbanisme qui serait celle de Paris et de son environnement, pour ces raisons là on nous construirait des tours de logements qu'on habille en les appelant tours mixtes. Tout ça n'est pas sérieux ! En réalité Paris doit être totalement repensé et la fédération de l'UMP avec !

Lancement d'un courant au sein du groupe UMP au Conseil de Paris

AFP- 28/04/08

Le député UMP de Paris Claude Goasguen a annoncé lundi son intention de lancer un courant au sein du groupe UMP au Conseil de Paris, dédié notemment au Grand Paris.

Dans la capitale, l'UMP "se relève d'une grosse défaite, tout est à refaire", a déclaré M. Goasguen sur LCI.
"On va se reconstruire sur le grand Paris, car c'est la grande idée, je ne vois pas comment on peut imaginer Paris autrement désormais que dans cette perspective", a-t-il affirmé.

"Au sein du groupe UMP, je vais lancer avec des amis un courant qu'on appellera Paris-Grand Paris."
Il a estimé qu' " à l'intérieur d'un parti politique, pour ne pas être une machine d'exécution ou bien un parti de godillots, il faut que des courants puissent exister".
Ce n'est "pas un courant qui veut se séparer mais qui veut affirmer que nous ne marcherons pas dans les grandes opérations politiciennes de Bertrand Delanoë lorsqu'il s'agit d'exister face à Ségolène Royal, ou de se préparer à la présidence de la République. Il s'agit d'affirmer que nous, on défendra Paris d'abord et notamment le Grand Paris".

L'ouverture n'a rien apporté

Interview de Claude Goasguen par Arnaud Folch dans Valeurs actuelles, 25 avril 2008

Un an après son élection, 65 % des Français désapprouvent l’action de Nicolas Sarkozy…
L’élection présidentielle avait provoqué un formidable enthousiasme.Aujourd’hui, les Français sont inquiets, voire angoissés. Ils dépriment. C’est une situation qui peut se redresser : certaines réformes, comme le contrat de travail, vont produire leurs effets, le chômage va continuer à baisser… Pour autant, il ne faut pas se voiler la face : cette morosité est inquiétante.

Comment expliquez-vous cette impopularité ?
Les Français ont le sentiment d’être “bombardés” de réformes, mais sans comprendre le cap suivi. Ils souffrent d’une absence de pédagogie et de cohérence de la part de l’exécutif.

Les députés de la majorité doivent-ils être davantage associés aux réformes ?
Il y a urgence.Le président est trop isolé. Il ne peut pas conduire les réformes seul face à l’opinion. Nous ne sommes pas en Grande-Bretagne, la France est un pays difficile à réformer. Nicolas Sarkozy pensait que son élection était le signe d’une évolution de la société, mais ce n’était pas le cas: aujourd’hui comme hier, les Français acceptent mal le changement.Or celui-ci est nécessaire. Pour réussir à convaincre, le président doit absolument tendre à une “coproduction législative”avec les parlementaires, qui sont en contact permanent avec les électeurs.Le temps des députés godillots ou simples “bulletins de vote”, c’est fini !

Et si, une nouvelle fois, vous estimiez n’être pas suffisamment associé ?
Nous n’hésiterons pas, le cas échéant,à sanctionner nous-mêmes le ministre en ne votant pas son texte de loi… C’est devant le Parlement que le gouvernement est responsable.

Comment réagissez-vous à la “cacophonie” ambiante au gouvernement ?
Elle est la conséquence de la règle fixée d’emblée par Nicolas Sarkozy aux ministres d’ouverture:quelqu’un qui n’est pas d’accord avec la politique suivie a toute sa place au gouvernement. Résultat : plusieurs ministres, soucieux d’“exister”,en ont profité pour lever le doigt et dire « Je suis différent ! ». Le président a répété, à plusieurs reprises, qu’il ne voulait pas de ministres “petits pois”, qui se ressemblent tous: je pense, au contraire,qu’il vaut mieux, pour la cohésion gouvernementale, que les ministres marchent tous dans la même direction.

Qu’avez-vous pensé de la polémique sur la carte Famille nombreuse ?
Puisse celle-ci avoir contribué à rappeler à la droite que la politique familiale fait partie de ses fondamentaux ! Nicolas Sarkozy a annoncé que tous les avantages octroyés aux familles seraient maintenus et même étendus.J’en profite pour rappeler l’un de ses engagements de campagne: les allocations familiales dès le premier enfant. J’y suis favorable.

Quel bilan portez-vous sur l’ouverture?
L’ouverture pratiquée n’est que l’addition de quelques débauchages individuels. Elle ne nous a rien rapporté, au contraire. On l’a bien vu lors des derniers scrutins : les électeurs de gauche sont restés à gauche. Ils sont même de plus en plus nombreux quand ceux de droite ont tendance à s’abstenir ! Tactiquement, la nomination au gouvernementde ministres issus de ses rangs socialistes a mis, au début, le PS dans l’embarras. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.L’ouverture n’était qu’un pistolet à un coup… J’ai toujours été favorable à l’instauration d’un vrai dialogue avec l’opposition, mais chacun à sa place.

L’UMP doit-elle s’ouvrir aux “courants” ?
Oui. Je souhaite une vraie ouverture à l’intérieur de l’UMP, plus utile que celle venue de l’extérieur. L’UMP s’est révélée une formidable machine à gagner les élections nationales,mais c’était avec Nicolas Sarkozy à sa tête.Si l’on veut qu’elle soit, aujourd’hui, un lieu de débats, porteurs d’idées nouvelles, il faut donner vie à des courants. La nomination de ministres aux côtés de Patrick Devedjian est un bon signe de cohésion mais ce n’est pas suffisant pour créer le débat interne dont nous avons besoin pour la deuxième année du quinquennat.

Le Dalaï Lama, Paris et Pékin...

Interview de Claude Goasguen par Alain Le Gouguec, journal de France Inter, le 21 avril 2008

A.G : Le Dalaï Lama, citoyen d'honneur de la ville de Paris, est-ce une bonne idée, une mauvaise idée, une fausse bonne idée ou autre chose ?

C.G : Ecoutez, s'il avait fallu nommer le Dalaï Lama citoyen d'honneur de la ville de Paris, on aurait pu le faire. Il est venu à plusieurs reprises et notamment Bertrand Delanoë l'a reçu il y a quelques années avec le rang qui est le sien car il est quelqu'un que nous estimons tous. Ce qui paraît quand même singulier c'est aujourd'hui tout d'un coup Bertrand Delanoë découvre que le Dalaï Lama pourrait être citoyen d'honneur. Alors on ne peut pas ne pas se poser la question du rapport avec les JO qu'il ne cache pas. La vraie question c'est, tout le monde le sait, les JO n'auraient jamais dû avoir lieu à Pékin, la France est en grave difficulté actuellement avec les Chinois. Les manifestations sont certainement des manifestations sympathiques mais est-ce que pour autant elles vont changer la nature de la relation entre le Tibet et la Chine, je n'en suis pas sûr et je ne vois pas trop surtout pourquoi la ville de Paris se mêle de ce jeu diplomatique.

A.G : Est-ce que c'est une façon de souffler sur les braises ?

C.G : Non, ce n'est pas souffler sur les braises, en réalité je crois que Bertrand Delanoë a un petit jeu politicien, il se sert de la ville de Paris. Vous savez, en ce moment au PS  on assiste à un concert et à une concurrence de déclarations plus ou moins incongrues entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Alors Ségolène Royal voulait ramener Aimé Césaire à Paris jusqu'à ce qu'on lui fasse comprendre quand même qu'il n'en était pas question, Bertrand Delanoë veut se rappeler à l'attention du PS en faisant du Dalaï Lama un citoyen d'honneur de la ville de Paris. Tout ça c'est un jeu qui finalement est tout à fait superflu. C'est la raison pour laquelle nous ne prendrons pas part au vote.

(Par délibération du Conseil de Paris, le Dalaï Lama est devenu lundi 21 avril citoyen d'honneur de la Ville)

A suivre !


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