Claude Goasguen est intervenu lors du colloque organisé, le 24 mai à l'Assemblée nationale, par les fédérations d'enseignement supérieur associatif, sur le thème du financement.
"L’enseignement supérieur privé
s’inscrit dans une profonde réforme du monde de
l’enseignement supérieur dans son ensemble. Nous nous
orientons vers une fusion des systèmes, avec des
différenciations internes. La loi sur les universités
que nous avons votée, aux côtés de
Valérie Pécresse, sans difficulté,
transforme profondément notre système universitaire.
Elle crée l’autonomie des établissements
universitaires. Il s’agit d’une révolution pour les
universités françaises, qui s’étaient
limitées, jusqu'alors, à une vision juridique de
l’autonomie. Celle-ci, dans sa nouvelle acception, fait partie du
substrat politique que le Président de la République a
souhaité donner à son système universitaire, et
nous ne l’abandonnerons pas.
Ce paysage remodelé appellera
des changements dans le financement des établissements. Si la
notion d’autonomie n’implique pas, en soi, la concurrence, elle
suppose tout de même une émulation entre établissements.
L’enseignement supérieur privé bénéficie
d’une plasticité qui lui confère un avantage
important pour tirer parti de ces évolutions, compte tenu
notamment de la possibilité nouvelle de conclure des contrats
internes à un établissement. De plus, l’enseignement
supérieur privé a le mérite d’avoir compris
que l’on pouvait proposer des produits de qualité avec des
structures dont les coûts de fonctionnement sont beaucoup moins
lourds. Des enseignements importants en découlent, pour
l’ensemble du système universitaire.
Par ailleurs, nos universités ne
se tournent pas suffisamment vers l’innovation pédagogique.
Celle-ci constitue, à mes yeux, un des principaux champs de
développement de l’enseignement supérieur privé.
Outre le fait d’échapper à des revendications
systématiques en termes d’affectation de postes, celui-ci
pourra en effet tirer parti, par sa plus grande souplesse, de
nouvelles possibilités pédagogiques, à côté
du système traditionnel d’enseignement public. Enfin,
l’enseignement supérieur privé peut s’appuyer sur
une qualité d’insertion professionnelle unanimement
reconnue. Sur ces bases, un débat pourra s’engager, pourvu
que l’université publique accepte de discuter sérieusement
de formation professionnelle. Un métier est à inventer,
dans ce domaine, mais l’université publique s’y refuse. Il
vous reste à vous emparer du sujet. Il vous appartiendra
ensuite de défendre le principe d’une véritable
émulation entre plusieurs systèmes d’enseignement
supérieur, ce qui peut conduire à poser les questions
de crédit d’une façon nouvelle. Encore faut-il avoir
le courage d’engager ce débat, en reconnaissant, au passage,
que l’enseignement supérieur privé constitue une
source importante d’économies pour la collectivité.
Le Président de la Cour des Comptes l’a lui-même
reconnu dans un rapport récent.
Le moment est opportun pour engager ces
transformations. Le principe de l’autonomie des universités
est aujourd'hui acquis. Dès lors, la notion de contrat est
appelée à se diffuser, à tous les niveaux, et
les moments de crise présentent au moins l’avantage de
permettre d’aborder toutes les questions, sans faux-semblant."