2ème séance du dimanche 3 février - Circulaire
GPA
M. le président. La parole est à
M. Claude Goasguen.
Claude Goasguen : Je reprendrai les propos de
Mme Buffet : la boîte de Pandore est ouverte, c’est vrai. Le
Gouvernement l’a ouverte et j’aimerais qu’il l’assume. Tout à l’heure,
M. Guedj a déclaré que nous étions contre l’adoption. Je vous ferai
remarquer que la proposition que vous êtes en train de voter va à l’encontre de
toutes les conventions internationales : certains pays n’accepteront pas
l’adoption dans le cadre de mariages homosexuels, alors qu’ils l’acceptent
selon le droit en vigueur. Vérifiez donc : c’est le cas de la plupart des
pays. Nous devrons donc renégocier toutes les conventions internationales, non
sans difficultés.
Quant à Mme Taubira, elle nous explique avec
beaucoup de lyrisme – mais est-ce bien nécessaire ? – que nous
n’avons pas la même morale. Non, en effet, madame Taubira, nous n’avons pas la
même morale que vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
Rassurez-vous et ne vous fatiguez pas à le
répéter, je vais vous expliquer pourquoi. Madame Taubira, vous resterez dans
l’histoire comme le garde des sceaux à l’origine d’une circulaire publiée il y
a deux jours qui préconise la pratique d’un nouveau tourisme sexuel, celui de
la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui.
Bernard Roman : Scandaleux !
Claude Goasguen : Monsieur Roman, vous qui vous
prétendez juriste, savez-vous qu’il existe un droit pénal international ? Savez-vous
que le droit pénal international permet à la France de poursuivre des délits et
des crimes qui ne sont pas commis sur le territoire français ? Savez-vous,
monsieur Roman, que nous avons voté, à l’occasion de la réforme du code pénal,
l’internationalisation des crimes relatifs au tourisme sexuel ?
Savez-vous, monsieur Roman, que le garde des sceaux a la possibilité de
poursuivre… (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Monsieur Roman,
vous avez été président de la commission des lois, écoutez mes arguments
juridiques : le garde des sceaux a la possibilité, demain, de prendre une
circulaire à l’attention des procureurs généraux pour leur demander de
poursuivre ceux qui se sont mis en infraction par rapport à la gestation pour
autrui.
Cela sera un corollaire de cette circulaire
ignoble récemment signée par le garde des sceaux. Madame Taubira,
rassurez-vous, vous resterez dans l’histoire mais votre morale n’est pas la
nôtre. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. –
« Minable ! », « Scandaleux ! » sur les bancs du
groupe SRC.)
2ème séance du lundi 5 février - L’article 3 concerne les dispositions
applicables pour la détermination du nom de l’adopté en la forme simple.
M. le président. La parole est à
M. Claude Goasguen.
Claude Goasguen : Ce qui caractérise cet
article 3, dans le contexte de ce projet de loi, c’est qu’il présente au
fond les mêmes défauts que ceux qui l’ont précédé.
Vous nous dites que votre seule intention est le
mariage homosexuel. Certes, mais au cours de ces débats, nous nous sommes
aperçus que vos déclarations liminaires un peu simplistes recelaient un certain
nombre d’interrogations dont vous avez du mal à cacher la réalité, non
seulement parce que le Gouvernement vous met souvent en difficulté sur vos
propres contradictions, mais aussi parce que ces contradictions sont en réalité
tellement fortes que vous ne parvenez pas à les dissimuler.
C’est vrai pour la GPA, n’en déplaise à
Mme la ministre, et c’est vrai pour la PMA : le Gouvernement lui-même
l’a reconnu. Le système que vous proposez aujourd’hui est d’une complexité
telle qu’il aura probablement le même devenir que celui proposé il y a quelques
années pour les mariages hétérosexuels.
Les modifications internationales que vous
semblez mésestimer sont beaucoup plus importantes que vous ne le croyez, et ce
pour une raison très simple : l’adoption repose aujourd’hui en France sur
le choix fait entre couples hétérosexuels et célibataires. C’est la jurisprudence
française qui a décidé que l’homosexualité n’était pas un motif suffisant pour
rejeter une demande d’adoption.
Tout cela reste strictement français. Mais,
lorsque vous parlez de modification internationale, le problème n’est plus du
tout le même. Désormais, quelqu’un qui adopte en Chine ou ailleurs aura le
choix entre deux systèmes : l’un hétérosexuel et l’autre homosexuel.
Ce n’est plus du tout la même chose, car ce n’est
pas la France qui décidera, mais le pays d’origine – ce qui n’était pas le cas
jusqu’ici, pour une raison très simple : il n’y avait pas le choix !
En toute hypothèse, un individu seul pouvait être hétérosexuel ou homosexuel,
cela n’avait pas d’importance.
Dans ces conditions, et notamment pour les
raisons que vous avez évoquées concernant les classes moyennes qui adoptent,
nous rencontrerons un problème avec l’adoption, car les homosexuels seront sans
doute plus frappés que les autres par les interdictions d’adopter à l’étranger.
Cela nous posera un problème de « marché
interne », pour employer une expression déjà utilisée tout à l’heure, et
qui m’a d’ailleurs beaucoup choqué. Ce « marché interne » sera
beaucoup plus difficile pour ceux qui sont d’origine française. (Applaudissements
sur plusieurs bancs du groupe UMP.)