Claude Goasguen a posé une question d'actualité hier au Ministre de l'Education nationale sur l'effectivité du service minimum d'accueil à Paris
Claude Goasguen : Monsieur le ministre de l’éducation nationale... c’est presque une question d’instruction civique que je vais vous
poser, et, après tout, c’est normal puisque vous êtes le successeur de
Jules Ferry. À l’école, on nous a appris que, dans une commune, le maire était chargé d’appliquer la loi et qu’en matière scolaire il devait veiller au respect de
l’obligation scolaire. C’est d’ailleurs ce qui est affirmé dans le code
de l’éducation nationale.
Dans ces conditions, nous sommes nombreux à nous demander comment
expliquer l’attitude d’un maire qui, dans un premier temps, assure
qu’il appliquera la loi, mais qui, dans un second temps, décide tout à
coup de ne pas le faire et d’appeler les parents d’élèves à ne pas amener leurs enfants à l’école.
Le maire de Paris, puisque c’est de lui qu’il s’agit
a eu l’audace de demander aux parents d’élèves de garder leurs enfants
chez eux, refusant ainsi d’appliquer la loi sur le service minimum
d’accueil.
Monsieur le ministre, pensez-vous que parce que l’on cherche à avoir
une position partisane, un maire doit oublier qu’il est le maire de
tous les citoyens ?
Xavier Darcos : Monsieur le député, je voudrais tout d’abord vous rendre hommage,
ainsi qu’aux maires d’arrondissement de Paris qui ont assuré l’accueil
des élèves les jours de grève, rendant ainsi un service aux familles. J’ajoute que, jeudi prochain, puisque la grève n’entraînera pas de
grands désordres, c’est l’État qui assurera la garde des enfants. Les
parents n’ont donc pas à s’inquiéter.
Vous avez posé une question de fond. On trouve en effet les crédits
nécessaires lorsqu’il s’agit de transformer les quais de Seine en plage ou d’organiser les festivités des nuits blanches. Mais tous les Français ne font pas la fête, ils ne sont pas tous à la plage et ils ne sont pas tous en congés. Il est normal de penser aux Français qui travaillent.
Voilà pourquoi c’est à juste titre, monsieur le député, que vous
proposez que le maire de Paris assure l’accueil des élèves ! Je terminerai en disant qu’il me semble que les responsables socialistes n’ont pas bien compris la devise de Paris, fluctuat nec mergitur, « il flotte mais ne coule pas ». J’ai plutôt l’impression que c’est : fluctuant sed merguntur, « ils flottent mais ils coulent » !