M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. -
Merci, Monsieur le Maire.Je tiens à préciser que je suis totalement solidaire de vos propos à ce sujet et je remercie le Préfet de police de la clarté de son intervention, de sa fermeté,
non seulement dans les principes, mais dans les actes qui s'ensuivront.
Je voulais vous le dire au nom du groupe U.M.P.
Cela étant,Monsieur le Maire, je m’adresse à vous sur une autre question, la question des
rythmes scolaires.
Vous avez réuni la semaine dernière les maires d'arrondissement, très bien. Nous avons reçu,
tous pratiquement, votre directrice de la DASCO qui est incontestablement très compétente, mais, en réalité, le sentiment que nous en avons retenu c'est que, au fond, on n'a pas tellement avancé dans les renseignements.
On voit bien que, dans les arrondissements et dans Paris, il y a pour le moins - et j'atténue mes propos - des inquiétudes.
Ces inquiétudes, quelles sont-elles ? Elles sont d'abord celles des directeurs d'école, à qui l’on demande en réalité de préparer une rentrée complètement différente en l'espace de quelques mois. Je comprends leur inquiétude.
C'est l'inquiétude aussi des parents d'élèves. Les parents d'élèves, eux, sont très inquiets de savoir quelle sera la qualité des animateurs, comment tout cela sera organisé et ils posent de vraies questions qui sont des questions de quotidienneté, qui ne sont pas des questions partisanes.
D'ailleurs, on voit bien que ce débat sur les rythmes n'est pas un débat partisan puisque de
nombreux syndicats d'enseignement, qui ne sont pas réputés pour être favorables
à l'Opposition, sont plutôt réservés sur la mise en application rapide des rythmes scolaires à Paris.
Mais, au-delà, nous avons d’autres protestations, par exemple les deux heures qu'il est prévu de geler dans les gymnases le seront au détriment des associations qui ont déjà été un peu taillées en pièces par la baisse du montant des subventions accordées, tout cela pour recruter, nous dit-on,
1.350 agents pour l'application de la réforme.
Je connais un peu l'Education nationale : comment peut-on recruter en l'espace de si peu de temps autant d'agents en étant sûr de leur qualité ? Je comprends, dans ces conditions, que les parents d'élèves s'inquiètent.
D'autre part, vous demandez - et peut-être avez-vous raison - de titulariser 450 A.M.S. immédiatement. Très bien, sauf que l’on peut comprendre dans ces conditions qu'un syndicat, qui n'est pas, lui non plus, un syndicat de Droite (la C.G.T.), vous demande de généraliser à tous ceux qui sont des victimes induites ou des bénéficiaires induits de cette nouvelle réforme la titularisation dans les caisses des écoles et ailleurs, c'est-à-dire des gens qui vont faire un travail
différent à partir de la rentrée.
Enfin, "last but not least", on ne connaît absolument pas le coût de cette opération et les évaluations avancées se situent entre 40 et 60 millionsd'euros.
Tout cela, vous le comprenez, Monsieur le Maire, pose problème. Non pas un problème polémique
mais un problème plus prosaïque qui est celui de l'organisation de la rentrée scolaire.
C'est vrai que vous n'aimez pas les contestations et que les réunions que vous avez subies
avec les enseignants n'ont pas toujours été de votre goût. Comme on sait que vous n'aimez pas la contestation, ma foi…
M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. -
C’est vrai.
Vous n’aimez pas la contestation et peut-être que vous avez réagi un peu sous le coup de l'irritation en disant, à l'inverse de la plupart des grandes villes de France, que vous alliez organiser cette réforme des rythmes scolaires tout de suite.
La question que je me pose est la suivante : pouvez-vous nous dire comment vous comptez
organiser ce grand chambardement de l'école primaire ? Est-ce que l’on peut avoir des renseignements supplémentaires, afin éventuellement, comme vous le souhaitez, que les maires d'arrondissement puissent y être associés ? Ils ne le seront pas, dans le cas contraire.
M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. -
Je voudrais dire à Mme Colombe BROSSEL que je citais la C.G.T., mais qu’à ma connaissance, les propos de la C.G.T. ne m'engageaient pas, parce que je ne suis pas encore adhérent de
la C.G.T. Cela ne vous a pas échappé.
M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. -
J’informais MmeBROSSEL des revendications de la C.G.T. Vous voyez que je suis un homme
transcourant.
M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. -
C’est possible. Je voudrais lui dire que je doute de la réalité de ce qu'a dit Mme Colombe BROSSEL, parce que les concertations, il faut du temps, et vous verrez que les partenaires qui vont se concerter ne sont pas tous sur la même longueur d'onde.
Que vous réussissiez dans un certain nombre d'écoles - il y en a 600 à Paris - à mettre en place cette réforme des rythmes scolaires, je l'espère, mais je ne suis pas sûr que vous y parveniez par ces méthodes-là, et très franchement, je reste sur cet avis que malgré les appels d'offres sur des grandes associations nationales qu’il ne s'agit pas de remettre en cause, la qualité des animateurs, qui est
tellement contestée par les directeurs d'école et par les parents d'élèves, vavous poser des problèmes.
Moi qui connais un peu l'Education nationale, je ne vois pas comment on peut être certain de la
qualité de 1.300 personnes recrutées en si peu de temps.