PARIS, 2 fév 2009 (AFP) - Les élus parisiens
UMP ont boycotté lundi la séance du conseil de Paris consacrée au projet du
maire Bertrand Delanoë de renforcer la décentralisation dans la capitale.
"Tout est ficelé avant même que nous ayons
pu en discuter, au mépris de nos propositions. C'est la raison pour laquelle
nous vous laissons discuter entre vous, avec vos petits copains, et nous ne
participerons pas à cette mascarade", a lancé le président du groupe UMP
Jean-François Lamour, avant de quitter l'hémicycle avec l'ensemble des 54 élus
UMP.
Les élus UMP voulaient déposer une proposition
sur la décentralisation, ce qui leur a été refusé. "Il ne s'agit pas d'une
délibération aujourd'hui, mais d'une communication de M. Delanoë qui ouvre un
large débat auxquels pourront participer les maires d'arrondissement", a
indiqué à la presse François Dagnaud (PS).
"L'objectif est que nous puissions avoir
un projet de délibération avant l'été, et la proposition de l'UMP sera inscrite
à ce moment-là à l'ordre du jour, tandis que les conseils d'arrondissement
seront saisis", a-t-il expliqué...
L'élu socialiste a fait "un parallèle avec
ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale" où les députés PS avaient
boycotté les questions au gouvernement.
Pour M. Lamour, cela n'a aucun rapport. "A
chaque hémicycle ses traditions", a-t-il dit. "Le problème c'est que
nous enregistrons une large dégradation des rapports du maire avec
l'opposition", a-t-il ajouté devant la presse, jugeant que "les
propositions du maire sur la décentralisation ne sont qu'un filet d'eau
tiède".
M. Delanoë propose plusieurs mesures dont la
création d'un Comité des territoires parisiens avec les maires d'arrondissement
qui se réunira trois fois par an. Les maires se verront également confier de
nouveaux pouvoirs en matière d'attribution des subventions aux associations
d'intérêt local, de crédits d'entretien des équipements de proximité, et sur
leur usage.
De leur côté, les élus UMP souhaitent que les
maires d'arrondissement deviennent "de véritables co-pilotes, aux côtés du
maire de Paris, en matière d'investissements, de dotations de fonctionnement,
d'autorité sur les services déconcentrés des directions municipales". Ils
proposent en particulier la création d'un comité des arrondissements, présidé
par le maire de Paris et composé des vingt maires de la capitale, qui se
réunirait au moins une fois par mois.