Claude Goasguen a interrogé Eric Besson sur le projet de loi "Immigration, intégration et nationalité" lors de la séance de questions d'actualité du mardi 28 septembre.
"Ma question s’adresse à M. le ministre de l’immigration, Éric Besson. Nous allons débattre d’une loi sur l’immigration, l’intégration et la nationalité.
Il y a trois directives européennes et nous sommes obligés de voter cette loi. En effet, trois directives européennes ne se refusent pas.
Par ailleurs, puisque vous avez l’air extrêmement en forme cet après-midi, je vous rappelle qu’une loi similaire a été votée dans tous les pays européens, y compris en Espagne où le gouvernement est socialiste, y compris par les socio-démocrates au Parlement européen. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Cette loi n’est donc pas aussi dramatique et tragique que vous la présentez.
C’est pourquoi, en appelant chacun à la sérénité nécessaire qui devrait accompagner la discussion de lois sur des problèmes aussi importants, je vous demande, monsieur le ministre, quel est le sens et la signification politique de votre loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)"
M. Éric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. " Monsieur le député Goasguen, votre question présente deux mérites principaux. D’abord, elle rappelle le cadre européen dans lequel nous inscrivons notre action. Sous présidence française, et à l’initiative de mon prédécesseur, les vingt-sept pays de l’Union européenne ont adopté un pacte européen de l’immigration et de l’asile que nous déclinons étape après étape. Ce pacte dit des choses claires : l’Europe veut favoriser l’immigration légale ; l’Union européenne veut lutter avec force contre l’immigration irrégulière et avec une détermination accrue contre les filières mafieuses de l’immigration clandestine.
L’Union européenne veut essayer d’harmoniser sa politique de l’asile. C’est particulièrement important pour nous, Français, qui sommes très généreux en matière d’asile. L’Union européenne veut dialoguer davantage avec les pays sources d’immigration et les aider. C’est ce qu’on appelle le co-développement ou le développement solidaire.
Telle est la politique que nous menons. Vous avez rappelé, à juste titre, que cette politique est suivie dans tous les pays de l’Union européenne, quelle que soit la sensibilité politique. Je travaille avec les socialistes espagnols, grecs et portugais – comme je le faisais naguère, avec les travaillistes britanniques – sans aucune difficulté.
Le deuxième mérite de votre question est de mettre le groupe socialiste, ici dans l’hémicycle, face à ses contradictions. C’est François Mitterrand qui a créé les centres de rétention administrative. C’est Lionel Jospin qui a étendu les chambres familiales dans les centres de rétention administrative. C’est Paul Quilès qui a créé les zones d’attente.
Je crois qu’ils ont, les uns et les autres, bien fait. Il existe une gauche républicaine qui va de Gambetta à Clemenceau, à Chevènement et même, par certains aspects, à Daniel Vaillant. Ce PS là n’y est pas fidèle !"