Toute
nouvelle, l’association des Cafés Rencontres des Aidants
Naturels et Familiaux du 16e arrondissement a donné
rendez-vous le 22 octobre 2009 à la mairie du 16e
arrondissement aux associations et aux institutions intéressées
par les questions de la vieillesse, de la dépendance, de
l’aide à domicile, et de la place centrale – et trop
méconnue voire mésestimée – qu’y tiennent
ces volontaires, ces bénévoles, et de plus en plus ces
professionnels, que sont les aidants naturels et familiaux…
Céline Boulay-Espéronnier, conseiller de Paris, a présenté cette association qu’elle préside, en insistant sur son objet : faire un état des lieux des questions et des besoins dans le 16e arrondissement, et constituer un lieu d’échanges et de dialogues entre tous les acteurs, institutionnels, associatifs et professionnels.
J’ai ouvert la réunion : remerciant les nombreux représentants des associations présentes, j’ai souligné la solidarité qui est au cœur de l’action associative, et marqué l’absence de rivalités entre tous les acteurs qui œuvrent dans un esprit citoyen. J’assurerai cette association de toute mon aide et de mon appui, non seulement auprès de la Mairie de Paris mais aussi, comme député, à l’Assemblée nationale.
Bertrand Roux de Luze, vice-président de l’Union Nationale de l’Aide et du Soin à Domicile, a animé les échanges, donnant la parole sur un sujet fondamental – « L’instinct de survie » – successivement aux deux invités intervenants, Mme Simone Servadio, directrice de l’association Assistance à Domicile, et M. Philippe Hédin, directeur de l’association La Vie à Domicile. Des questions et des échanges d’expériences se sont ensuivis.
Des présentations, des exposés et des échanges entre praticiens lors de cette première matinée, il ressort plusieurs éléments et conclusions. La matière intellectuelle est vaste, et le secteur qu’elle couvre doit faire preuve de professionnalisme ; c’est pourquoi les Cafés Rencontres des Aidants Naturels et Familiaux du 16e arrondissement offrent des intérêts multiples : être un lieu permanent d’échanges ; susciter indirectement des emplois ; favoriser d’éventuels rapprochements entre arrondissements, à l’instar de l’association elle-même dont la naissance a été favorisée par les Cafés Rencontres des Aidants Naturels et Familiaux de Neuilly, représentés à la réunion par Nicolas Boudeville et Pierre Rossini.
La priorité des échanges envisagés lors des prochaines rencontres, entre médecins, spécialistes et aidants – leurs rendus d’expériences – est de concentrer l’accompagnement sur ceux qui le désirent, qui l’expriment librement. Le fond de ces désirs et expressions est le plus souvent la solitude. Donner la parole aux solitaires est dès lors la priorité même.
L’objectif, plus largement, est que des salariés apparaissent, qui se destinent aux métiers des services à la personne âgée, et cela en reconnaissant sur le plan macroéconomique la prépondérance du secteur associatif.
Pour comprendre ce qui est sous-jacent aux préoccupations de tous, l’assistance a été passionnée par l’exposé de Mme Simone Servadio sur l’instinct de survie : comment s’exprime-t-il chez les personnes âgées ? Que veut-dire sa perte, aux funeste conséquences, – suicide, refus alimentaire ? Comment ces analyses s’appliquent-elles dans la pratique de l’assistance à domicile et aux aidants naturels et familiaux, particulièrement féminins, si affectés par le caractère anxiogène du refus alimentaire par la personne âgée aidée ? Le législateur apporte une partie de la réponse – loi du 22 avril 2005, dite loi Léonetti, qui assure le respect des droits du patients en fin de vie –, l’avis de la personne de confiance étant fondamental pour les patients devenus hors d’état d’exprimer leurs volontés. Mais l’éthique est plus large, et elle n’est pas encore écrite en totalité : d’où encore la nécessité des échanges et des dialogues pour esquisser les réponses et les bonnes pratiques, en vue de maintenir et de développer l’instinct de survie quand il est menacé.
Pour sa part, M. Philippe Hédin a souligné que son travail ne se déploie pas dans le camp des services à la personne, mais se place dans l’accompagnement : il s’agit d’élaborer un projet d’accompagnement, de ne rien imposer de l’extérieur… Une démarche parfois difficile à comprendre par les professionnels, – combien de fois ne les entend-on pas dire entre eux : « Ah, s’il n’y avait pas les familles !... » D’où l’intérêt de voir et d’entendre ces professionnels dans une enceinte comme celle que vont proposer nos cafés rencontres, tant il est vrai – c’est un avis unanime – que familles proches, aidants… vivent et agissent dans des univers séparés. D’où aussi l’intérêt, plus ambitieux, que soit conçues et mises en place de véritables techniques et pratiques, résultant de la collaboration entre aidants et analystes.
Rendez-vous autour de nos aidants naturels et familiaux pour des débats ouverts au public, en janvier 2010. Le besoin n’est plus en effet à démontrer pour ces oubliés du système que sont les aidants, confinés de 5 à même 17 heures par jour dans le milieu familial, sans contacts avec l’extérieur, de parler et d’écouter, autour d’un professionnel – médecin, spécialiste… – capable d’échanger, d’expliquer, de rassurer, d’encourager…
Site de l’association : www.lescafesrencontres.org
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