Paris, 24 nov 2008 (AFP) -
Le conseil de Paris a voté lundi soir, sur proposition de la mairie et
à l'issue d'un débat houleux, la résiliation de la concession
d'occupation du stade Jean Bouin (XVIe) pour construire un nouveau stade de rugby de 20.000 places pour le Stade français d'ici 2011.
La concession de l'association Paris Jean Bouin avait été renouvelée pour 20 ans en août 2004.
La
plupart des Verts ont voté contre la résiliation, avec l'UMP et le
Nouveau Centre et Indépendants après un débat animé où les intervenants
ont échangé des amabilités, se menaçant des tribunaux. PS-PRG, PC et
MRC on voté pour.
La première adjointe PS Anne Hidalgo a
parlé de "diffamation" et de "propos nauséabonds" de la part de Claude
Goasguen, maire UMP du XVIe qui avait affirmé: "il y a dans cette
affaire quelque chose de faisandé" et avait dénoncé "l'irruption du
fric dans le sport". "Pas de leçon de morale du PS surtout en ce
moment", a-t-il rétorqué à Mme Hidalgo.
Le début des
travaux est prévu pour le dernier trimestre 2009. Le coût est évalué à
120 M EUR (dont 77 M EUR pour le stade lui-même, le reste pour un
parking et des commerces) selon Jean Vuillermoz, adjoint PCF chargé des
sports.
L'UMP évalue les travaux à "plus de 160 M EUR"
et sans doute davantage in fine. Le président du groupe Jean-François
Lamour a qualifié d"'option d'un autre âge" le fait de financer sur des
fonds publics, un tel stade destiné à un grand club professionnel, le
Stade Français dirigé par Max Guazzini.
Pour le Nouveau Centre, Valérie Sachs a dénoncé un" caprice de star qui veut s'installer seul à Jean Bouin pour une dizaine de matches par an".
Sylvain
Garel, co-président du groupe Verts, a estimé qu'une "mairie de gauche
n'a pas à favoriser le sport spectacle", faisant valoir qu'avec la
crise économique, "s'il y a de l'argent à investir, ce n'est pas là",
d'autant qu'"à la fin la note est toujours plus élevée".
Les
travaux prévoient la démolition de l'actuel stade, la disparition de la
piste d'athlétisme autour du terrain de rugby, du terrain de hockey et
de quatre courts de tennis.
Le président du club Jacques
Lelièvre avait déposé fin septembre un recours gracieux à la mairie
dénonçant la fin de la concession qui lui avait été signifiée par
lettre recommandée.