Paris, grand Paris, pourquoi ?
Tribune parue dans Valeurs actuelles du 13 juin, par des Conseillers de Paris : Pierre Auriacombe, Marie-Chantal Bach, Céline Boulay-Espéronnier, Jérôme Dubus, Danièle Giazzi, Claude Goasguen, Marie-Laure Harel, Eric Hélard, Valérie Hoffenberg, François Lebel
La décision de créer le courant « Paris-Grand Paris » au sein de l’opposition municipale parisienne s’est imposée à nous dès le dernier Conseil de Paris du 21 avril lors du débat sur le Tibet et la Chine.
Il n'a pas fallu attendre longtemps pour comprendre l'utilisation que Bertrand Delanoë et sa majorité municipale allait faire de l'Hôtel de Ville de Paris : une tribune politique que le candidat socialiste Delanoë va utiliser à des fins partisanes pour s’emparer du PS, et s'opposer au Président de la République.
Or, Paris se trouve aujourd’hui confronté à un immense défi qui engage son avenir de capitale et ne peut plus rester en l’état, enfermé au sein du périphérique sans relation étroite avec l'agglomération qui l'entoure.
Ce défi s’appelle le « Grand Paris »
Logement, circulation, transport, emploi, développements économique et durable, autant de compétences essentielles qui ne peuvent plus être gérées à l'échelle communale, sauf à accepter que Paris, capitale mondiale, ne devienne une préfecture européenne de second rang. Aussi n’existe-il pas d’autre solution pour éviter le déclin, que de soutenir le projet présidentiel du « Grand Paris »
C’est une urgence que Bertrand Delanoë ne peut contourner. Nous saurons-la-lui rappeler, comme nous saurons dénoncer son « Paris Métropole », faux nez qui cache sa volonté d’accroître son influence politique sur la première région de France, mais sans toucher à ses pouvoirs ni à l’étendue de ses compétences sur un territoire corseté.
Notre ville a besoin d’une véritable révolution institutionnelle : le temps de la réforme est venue.
Un secrétaire d’état chargé de la région capitale vient d’être nommé. Sous son impulsion, des décisions doivent être prises rapidement et au plus tard en 2009. Le « Grand Paris » n’est pas une affaire qui peut attendre. Les grandes capitales, Londres, Berlin… nous ont devancés depuis longtemps. Paris a perdu du terrain et continue à en perdre : lors du dernier conseil de Paris, Bertrand Delanoë a présenté son programme en matière de logement et à aucun moment il n’a été question d’envisager ce programme à une échelle autre que celle du strict territoire parisien. Comment donc loger les 110 000 demandeurs de logements sociaux à l’intérieur du périphérique sans promouvoir la construction de tours, politique absurde que toutes les villes de France ont repoussée, au point même de détruire les tours de logements existantes ! La politique de l’habitat et de l’urbanisme n’a qu’une seule taille critique, celle du « Grand Paris ».
La politique de circulation et des transports publics répond à la même exigence de concertation. Osons Métrophérique, osons la multiplication des lignes de transports de proximité entre les communes riveraines, osons une autorité unique sur les transports par rail en mettant un terme aux guéguerres entre la SNCF et la RATP. Arrêtons de concevoir Paris comme passage obligé pour les Franciliens, qu'ils soient en voiture, dans un RER, un bus ou un métro.
Comment envisager le développement économique de Paris sans cette même ouverture ? Imaginons un instant la mise en oeuvre des projets récurrents ou urgents pour Paris : l'exposition universelle de 2020, l'extension de Roland Garros et des structures sportives, les pôles d'excellence, le grand campus universitaire, l’aménagement de nouveaux quartiers comme les Batignolles ou les terrains de l’est parisien. Les 105 km² du territoire parisien sont un frein insurmontable au développement ambitieux de la Capitale.
On nous opposera les questions de péréquation fiscale qui concerne Paris comme les Hauts de Seine. Il s'agit d'un faux problème car l'enfermement parisien, par un singulier paradoxe, paupérise certains arrondissements de l’est qui sont désormais classés parmi les communes les plus pauvres d'Ile de France.
La création d'un Grand Paris s'inscrit dans le même esprit de modernisation qui a permis en 1977 de donner à Paris un statut démocratique. Il faut désormais donner à Paris sa vraie chance économique et débattre des modalités. Appartenant à l'UMP, nous entendons au sein du Conseil de Paris défendre la priorité que représente le Grand Paris pour l'avenir de la capitale, et en affirmer la permanence dans tous les projets à venir.
Le Grand Paris est le bon cadre pour répondre à la question "comment étendre Roland Garros ?". Le projet actuel (sacrifier le stade Hébert) n'est pas viable, c'est une très mauvaise solution, autant pour la cohérence du site (avec deux pôles éloignés), de l'organisation du tournoi (manque de fluidité des déplacements des téléspectateurs), sans parler de l'urbanisme (sensation d'étouffement), des riverains (nuisances) ni des utilisateurs du stade Hébert (refoulés ailleurs), accessoirement.
Matthieu B.
Rédigé par: Matthieu B. | 15/07/2008 at 16:58
Sur françoisdesouche.com, intéressante analyse
de l'inopportunité des tours et du Grand Paris condamné par le Général.
Il suffit de renvoyer chez eux les étrangers irréguliers pour résoudre le problème; sinon nous serons 20 millions en Ile - de - France dans 15 ans.Invivable.
Rédigé par: Foubert | 16/06/2008 at 17:53