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L'ouverture n'a rien apporté

Interview de Claude Goasguen par Arnaud Folch dans Valeurs actuelles, 25 avril 2008

Un an après son élection, 65 % des Français désapprouvent l’action de Nicolas Sarkozy…
L’élection présidentielle avait provoqué un formidable enthousiasme.Aujourd’hui, les Français sont inquiets, voire angoissés. Ils dépriment. C’est une situation qui peut se redresser : certaines réformes, comme le contrat de travail, vont produire leurs effets, le chômage va continuer à baisser… Pour autant, il ne faut pas se voiler la face : cette morosité est inquiétante.

Comment expliquez-vous cette impopularité ?
Les Français ont le sentiment d’être “bombardés” de réformes, mais sans comprendre le cap suivi. Ils souffrent d’une absence de pédagogie et de cohérence de la part de l’exécutif.

Les députés de la majorité doivent-ils être davantage associés aux réformes ?
Il y a urgence.Le président est trop isolé. Il ne peut pas conduire les réformes seul face à l’opinion. Nous ne sommes pas en Grande-Bretagne, la France est un pays difficile à réformer. Nicolas Sarkozy pensait que son élection était le signe d’une évolution de la société, mais ce n’était pas le cas: aujourd’hui comme hier, les Français acceptent mal le changement.Or celui-ci est nécessaire. Pour réussir à convaincre, le président doit absolument tendre à une “coproduction législative”avec les parlementaires, qui sont en contact permanent avec les électeurs.Le temps des députés godillots ou simples “bulletins de vote”, c’est fini !

Et si, une nouvelle fois, vous estimiez n’être pas suffisamment associé ?
Nous n’hésiterons pas, le cas échéant,à sanctionner nous-mêmes le ministre en ne votant pas son texte de loi… C’est devant le Parlement que le gouvernement est responsable.

Comment réagissez-vous à la “cacophonie” ambiante au gouvernement ?
Elle est la conséquence de la règle fixée d’emblée par Nicolas Sarkozy aux ministres d’ouverture:quelqu’un qui n’est pas d’accord avec la politique suivie a toute sa place au gouvernement. Résultat : plusieurs ministres, soucieux d’“exister”,en ont profité pour lever le doigt et dire « Je suis différent ! ». Le président a répété, à plusieurs reprises, qu’il ne voulait pas de ministres “petits pois”, qui se ressemblent tous: je pense, au contraire,qu’il vaut mieux, pour la cohésion gouvernementale, que les ministres marchent tous dans la même direction.

Qu’avez-vous pensé de la polémique sur la carte Famille nombreuse ?
Puisse celle-ci avoir contribué à rappeler à la droite que la politique familiale fait partie de ses fondamentaux ! Nicolas Sarkozy a annoncé que tous les avantages octroyés aux familles seraient maintenus et même étendus.J’en profite pour rappeler l’un de ses engagements de campagne: les allocations familiales dès le premier enfant. J’y suis favorable.

Quel bilan portez-vous sur l’ouverture?
L’ouverture pratiquée n’est que l’addition de quelques débauchages individuels. Elle ne nous a rien rapporté, au contraire. On l’a bien vu lors des derniers scrutins : les électeurs de gauche sont restés à gauche. Ils sont même de plus en plus nombreux quand ceux de droite ont tendance à s’abstenir ! Tactiquement, la nomination au gouvernementde ministres issus de ses rangs socialistes a mis, au début, le PS dans l’embarras. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.L’ouverture n’était qu’un pistolet à un coup… J’ai toujours été favorable à l’instauration d’un vrai dialogue avec l’opposition, mais chacun à sa place.

L’UMP doit-elle s’ouvrir aux “courants” ?
Oui. Je souhaite une vraie ouverture à l’intérieur de l’UMP, plus utile que celle venue de l’extérieur. L’UMP s’est révélée une formidable machine à gagner les élections nationales,mais c’était avec Nicolas Sarkozy à sa tête.Si l’on veut qu’elle soit, aujourd’hui, un lieu de débats, porteurs d’idées nouvelles, il faut donner vie à des courants. La nomination de ministres aux côtés de Patrick Devedjian est un bon signe de cohésion mais ce n’est pas suffisant pour créer le débat interne dont nous avons besoin pour la deuxième année du quinquennat.

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Commentaires

C'est la croissance mortifère, le fric parvenu, qui défigurent notre France et dépriment les Français.
Décroissance = joie de vivre sans fric.

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A suivre !


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